Le choix du système de chauffage d’une maison neuve ne se fait plus sur le prix de l’énergie. Il se fait sur un plafond carbone, l’Icénergie, fixé à 160 kg CO2/m² pour une maison individuelle et inchangé de 2022 à 2028. Ce seuil est le plus strict de toutes les catégories de logements.
L’Icénergie, le seuil qui trie les systèmes
La RE2020 encadre trois indicateurs énergétiques, et le plus contraignant pour une maison neuve porte sur les émissions liées aux consommations. Le guide du ministère chargé du Logement distingue deux situations :
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maison raccordée à un réseau de chaleur urbain : 200 kg CO2/m² de 2022 à 2027, puis 160 kg CO2/m² à partir de 2028
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tous les autres cas : 160 kg CO2/m², sans évolution sur toute la période
La comparaison éclaire la sévérité de ce chiffre. Un logement collectif non raccordé dispose de 560 kg CO2/m² jusqu’en 2024, puis 260. Une maison individuelle dispose donc, au mètre carré, de trois fois et demie moins de budget carbone qu’un immeuble sur la première période.
Ce plafond porte sur l’ensemble du cycle de vie, pas sur une facture annuelle. C’est donc le contenu carbone du vecteur énergétique qui commande, et le système de chauffage devient le premier arbitrage du projet, avant même l’épaisseur d’isolant. Un constructeur qui pose cet arbitrage dès l’avant-projet évite de reprendre le dossier après calcul thermique, c’est la logique d’un accompagnement avec interlocuteur unique comme le pratique Coval Construction en Loire-Atlantique.
Cep et Cep,nr, les deux plafonds de consommation
Deux autres indicateurs bornent la consommation d’énergie primaire, exprimés en kWhep par m² et par an. Pour une maison individuelle ou accolée moyenne :
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Cep,nr_max, portant sur l’énergie primaire non renouvelable : 55 kWhep/(m².an)
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Cep_max, portant sur l’énergie primaire totale : 75 kWhep/(m².an)
Un logement collectif dispose respectivement de 70 et 85. Là encore, la maison individuelle est la catégorie la plus contrainte du résidentiel.
Ces valeurs sont des moyennes, modulées par la zone climatique et par la surface du projet. Le guide donne l’exemple d’une maison de 100 m² de surface de référence, sous 400 mètres d’altitude, sans exposition au bruit : le coefficient géographique va de 0,15 en zone H1b à moins 0,15 en zone H3, ce qui creuse un écart de 30 points entre une maison de l’Est et une maison méditerranéenne.
Le carbone de la construction, plafond distinct
Ne pas confondre l’Icénergie avec l’Icconstruction, qui porte sur les produits de construction et les équipements. Pour les maisons individuelles ou accolées, sa trajectoire est décroissante :
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640 kg éq. CO2/m² de 2022 à 2024
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530 kg éq. CO2/m² de 2024 à 2027
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475 kg éq. CO2/m² de 2028 à 2030
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415 kg éq. CO2/m² à partir de 2031
Les équipements de chauffage entrent dans ce second calcul, en plus du premier. Une chaudière, une pompe à chaleur ou un plancher chauffant pèsent deux fois : sur les émissions de leur fabrication, et sur celles de l’énergie qu’ils consommeront pendant cinquante ans.
Le confort d’été, critère qui monte
La RE2020 ajoute un indicateur que les réglementations thermiques précédentes traitaient à la marge, les degrés-heures d’inconfort d’été.
Pour les surélévations climatisées classées en catégorie 1, la fiche d’application du ministère porte le maximum à 1 400 degrés-heures en zones climatiques H2d et H3. Un coefficient de modulation compense les contraintes extérieures qui limitent la ventilation naturelle par ouverture des fenêtres, lorsqu’elles imposent le recours à une climatisation sur le pourtour et l’arrière-pays méditerranéens.
Conséquence pratique pour qui dimensionne une installation : le confort d’été n’est plus un supplément de confort, c’est une exigence de résultat qui pèse sur les protections solaires, l’inertie et la ventilation, avant tout recours au froid mécanique.
Deux attestations encadrent le chantier
La loi impose au maître d’ouvrage d’établir ou de faire établir deux documents distincts.
Au dépôt du permis de construire, une attestation qui certifie le respect des seuils Bbio et degrés-heures, l’engagement à justifier avant travaux des seuils Icénergie et Icconstruction par une analyse de cycle de vie, l’exigence d’accès à l’éclairage naturel et l’engagement sur les systèmes de ventilation.
À l’achèvement des travaux, une seconde attestation, établie pour le compte du maître d’ouvrage par un architecte, un diagnostiqueur DPE pour les maisons individuelles, un contrôleur technique, un organisme de certification conventionné ou un bureau d’études agréé. Elle s’appuie sur le calcul réglementaire, des justificatifs et une visite sur site.
Cette seconde attestation vérifie notamment la perméabilité à l’air et le système de ventilation. L’exigence de perméabilité sous 4 Pa est de 0,6 m³/(h.m²) pour une maison individuelle, contre 1 pour un collectif. Un contrôle de cohérence portant sur 10 données environnementales de l’analyse de cycle de vie y est également intégré.
L’ordre qui évite les reprises
En maison individuelle, l’Icénergie à 160 kg CO2/m² fixe la famille de systèmes possibles, les Cep bornent la consommation, l’Icconstruction pèse sur les équipements installés, et deux attestations vérifient le tout, la seconde après une visite sur site. Arbitrer le chauffage en dernier, une fois les plans figés, revient à découvrir en phase de calcul que le projet ne passe pas. L’arbitrer en premier ne coûte rien.
Sources
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Ministère chargé du Logement, Guide RE 2020, parution mai 2025
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Portail des réglementations énergétiques et environnementales des bâtiments, Attestations de respect de la RE2020, mis à jour le 18 décembre 2025
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Ministère de la Transition écologique, Fiche d’application RE2020 : extension nouvelle d’un bâtiment existant et construction inférieure à 50 m², version 1.1 du 15 avril 2025
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INIES, base de données nationale de référence sur les données environnementales et sanitaires des produits et équipements de la construction




